Le CHU de Liège a récemment pris en charge une patiente atteinte d’une pathologie vasculaire cérébrale rare : l’association de deux fistules artérioveineuses durales distinctes. Cette situation exceptionnelle a fait l’objet d’une approche combinée en un seul temps opératoire.

Une anomalie vasculaire à risque

Une fistule artérioveineuse durale correspond à une communication anormale directe entre une artère (où le sang circule à haute pression) et une veine (normalement à basse pression), sans tissu intermédiaire.
Ce passage direct provoque une arrivée de sang sous haute pression dans le réseau veineux, qui n’est pas conçu pour cela. Résultat : un risque de rupture, et donc d’hémorragie intracrânienne, avec des conséquences neurologiques graves, voire mortelles.

Deux fistules et deux techniques en une seule intervention

Dans le cas de cette patiente, les deux fistules étaient situées à deux endroits différents du crâne, nécessitant des approches distinctes :

  • La première, localisée à l’avant de la tête, devait être traitée par chirurgie.
  • La seconde, située à l’arrière, nécessitait un traitement endovasculaire, réalisé par les neuroradiologues interventionnels (via les vaisseaux).

Cette stratégie a été définie sur base des examens préalables et validée lors d’une réunion multidisciplinaire dédiée aux maladies vasculaires du système nerveux, réunissant chirurgiens, neurologue et neuroradiologues interventionnels.

 

Une « double intervention » sans déplacer la patiente

Ce qui rend cette prise en charge particulièrement spéciale, c’est qu’elle a permis de réaliser deux interventions en une, lors d’une seule anesthésie générale, évitant à la patiente deux hospitalisations, deux anesthésies et deux procédures dans des lieux différents.

Cette approche a été rendue possible grâce à l’infrastructure spécifique de la salle 23, qui permet de combiner chirurgie et radiologie interventionnelle dans un même espace.

 

Une coordination chirurgicale et endovasculaire exemplaire

Sous une même anesthésie générale (assurée par le Pr Colette Franssen), les chirurgiens (Dr Quentin Dewandre, Dr Camille Janssen et Pr Félix Scholtes) ont d’abord traité la fistule antérieure au microscope opératoire.

Ensuite, sans déplacement de la patiente, l’équipe de neuroradiologie interventionnelle (Dr Martin Moïse) a pu :

  1. Contrôler immédiatement le résultat de l’intervention par imagerie angiographique,
  2. Puis traiter la seconde fistule par voie endovasculaire.

Deux points critiques traités de manière préventive

Grâce à cette stratégie intégrée, deux zones à risque ont été traitées de façon préventive, par deux techniques différentes mais au cours d’une seule et même procédure.

Cette intervention illustre l’expertise du CHU de Liège dans la prise en charge des pathologies vasculaires complexes du cerveau et souligne l’importance de la collaboration multidisciplinaire, soutenue par une infrastructure technologique de pointe.

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