Objectifs

Le but du projet de recherche ENSEMBLE est de calibrer (c’est-à-dire « d’adapter ») les scores de risque polygénique à la population en Région wallonne.

Une fois ces scores calibrés à notre population, nous établirons des outils qui permettront, en association ou non à certains facteurs environnementaux, d’évaluer les risques de développer des maladies communes et complexes chez chaque patient.

Espoir

L’espoir est que ces nouveaux outils permettent, dans le futur, de mieux orienter les politiques de dépistage, de prévention ou d’éducation à la santé. En complément d’autres mesures essentielles, le but est que nous puissions retarder ou empêcher l’apparition de maladies communes et complexes chez le patient. Par exemple, il pourra être conseillé à un patient, sur base de ces scores, de se faire dépister plus régulièrement pour un cancer du côlon, ou de tout faire pour stopper le tabagisme s’il présente un risque important d’infarctus du myocarde.

Finalités

À plus long terme, l’objectif final sera de changer les pratiques médicales actuelles, en mettant les outils créés (les scores de risque polygénique) à disposition de l’ensemble des soignants.

Ils pourront ainsi adapter la prise en charge à chaque patient (personnalisation accrue des soins), tout en permettant et en encourageant chacun à prendre une part active dans la gestion de son capital santé.

Les scores de risque polygénique : explications

Des études ont démontré qu’il est désormais possible, à partir des gènes des individus (et des différentes « mutations » présentes), de calculer des scores.

Ces scores sont appelés scores de risque polygénique. Ces scores permettent de prédire le risque de survenue de maladies dites « communes et complexes ».

Le score de risque polygénique indique comment le risque d’une personne se compare à celui d’autres personnes ayant une constitution génétique différente.

Les scores de risque polygénique : comment ça marche ?

Par exemple : imaginons que, pour le cancer du sein, Joëlle a un score de risque polygénique égal à 1,0 ; Sara à 2,0 ; et Marie à 0,5.

On constate ainsi que :

  • Joëlle n’a pas de surrisque particulier car son score de risque polygénique est égal à 1,0 (c’est la valeur de référence du score de risque polygénique).
  • En revanche, Sara voit son risque multiplié par 2.
  • Quant à Marie, elle a un score de risque polygénique inférieur à 1. Son risque de développer la maladie est diminué et divisé par 2.

En connaissant ces données, nous pourrions proposer à Sara de se faire dépister plus souvent pour le cancer du sein, et de modifier son mode de vie pour encore diminuer ce risque.

C’est ainsi que les scores de risque polygénique peuvent être utilisés pour prévenir la survenue des maladies dites « communes et complexes ».

Cadre philosophique et éthique

L’utilisation d’outils basés sur les scores de risque polygénique suscite des questions d’ordre philosophique, éthique et de faisabilité.

Dès lors, nous engagerons, en parallèle au projet de recherche, une réflexion avec la population, les spécialistes et les professionnels de la santé en Région wallonne sur ces thématiques et solliciterons leur avis.


Méthodologie

Un total de 10.000 patients suivis au CHU de Liège vont être inclus sur une durée d’1 an et demi. Nous regarderons dans quelle mesure les gènes (associés ou non aux facteurs environnementaux) permettent de prédire le risque de survenue de maladies communes et complexes dans la population en Région wallonne.

Si vous choisissez de participer au projet
Déroulé

Votre participation au projet ENSEMBLE ne devrait pas vous prendre plus de 15-20 minutes tout compris et pourra se dérouler lors d’une consultation ou d’une hospitalisation au CHU de Liège.

Nous récolterons un échantillon de salive ou de sang. Nous vous questionnerons sur les différents facteurs d’environnement auxquels vous êtes soumis, ainsi que sur votre ressenti concernant ces nouveaux outils génétiques.

Communication des résultats

À ce stade, il n’est pas prévu de communiquer les résultats des scores de risque polygénique aux patients participants.

En effet, nous devons d’abord déterminer la validité de ces outils et comment ils sont perçus par notre population.

Dans le futur, si le patient le souhaitait, il devrait être possible que ces scores lui soient transmis, ainsi qu’à son médecin. Mais ces éléments doivent encore être évalués et étudiés.

Qui aura accès aux données recueillies ?

Vos données (génétiques et environnementales) resteront accessibles uniquement aux investigateurs de l’étude.

Toutes les mesures nécessaires sont prises afin de protéger la confidentialité et la sécurité de vos données, conformément aux législations en vigueur. Vos prélèvements et vos données pourront, à tout instant, être détruites, si vous le souhaitez.


Projet collaboratif

Le projet s’inscrit dans le projet wallon Médecine des Réseaux et des Systèmes.

Ce projet vise à améliorer la santé et les traitements en utilisant la technologie de manière intelligente.

Ensemble : prévenir pour mieux vivre