Echinococcose kystique ou hydatidose

mceclip1 - 2023-09-13 13h09m11s

1 - Agent causal 

L’échinococcose kystique, appelée aussi hydatidose est liée à la prolifération dans le foie (70% des cas) ou le poumon (20% des cas) du stade larvaire (encore appelé métacestode) d’Echinococcus granulosus sensu lato. Elle se rencontre particulièrement dans les grandes régions d’élevage de moutons et dans les populations rurales, en contact avec les chiens (de berger). Les populations se contaminent en ingérant des œufs libérés par les chiens qui hébergent le ver adulte.

2 - Cycle parasitaire

Le cycle parasitaire de l’Echinococcus granulosus est un cycle indirect faisant intervenir plusieurs hôtes. Dans ce cas, les hôtes définitifs principaux sont les canidés (principalement, les chiens), tandis que les mammifères (mouton, chèvre, porc, cheval), constituent des hôtes intermédiaires. Les chiens se contaminent en dévorant des viscères d’herbivores infestés. L’homme, un hôte accidentel, se contamine par voie féco-orale via la consommation de végétaux souillés ou par contact direct avec le pelage des chiens 
Cycle rural de l’échinococcus granulosus (image du LNR)mceclip3 - 2023-09-13 13h36m13s

Cycle rural de l’échinococcus granulosus (image du LNR) 

3 - Organes touchés

L’échinococcose kystique se caractérise par la présence de kystes hydatiques majoritairement localisés au niveau du foie (70% des cas).  Comme la forme alvéolaire, l’échinococcose kystique peut également atteindre les poumons (20% des cas), et plus rarement d’autres organes comme le cerveau, les reins, la rate, le pancréas ou les os. 

4 - Symptômes

Les symptômes ne sont pas spécifiques et sont dépendants du site et de la taille des kystes. Ils peuvent associer des douleurs abdominales, des vomissements, de la fatigue, des maux de tête, une toux chronique, une perte de poids et/ou un ictère. Les échinococcoses sont caractérisées par un temps d’incubation relativement long (5 à 15 ans) avec une phase initiale asymptomatique, ce qui retarde le diagnostic de la maladie. 

5 - Diagnostic

C’est la combinaison de plusieurs méthodes qui permet de poser le diagnostic d’une échinococcose kystique : l’imagerie médicale (échographie, radiographie, tomodensitométrie), la sérologie, l’histologie et la biologie moléculaire (PCR). 

6 - Traitement

Pour le traitement d’une échinococcose kystique, 4 options thérapeutiques sont possibles : 
-    Chirurgie (= traitement de référence). Les techniques chirurgicales employées vont de l’ablation kystique partielle (chirurgie conservatrice) à l’ablation kystique totale (chirurgie radicale). La chirurgie peut être associée à un traitement médicamenteux selon les cas. 
-    Traitement médicamenteux  se base sur l’administration d’un médicament antiparasitaire de type antihelminthique de la classe des benzimidazolés (l’albendazole (Zentel®) per os ou le mébendazole par voie orale en cas d’intolérance au premier). Il est utilisé seul ou en association à un autre traitement (chirurgie par exemple). 
-    Traitement percutané des kystes hydatiques par la technique PAIR (ponction, aspiration, injection, réaspiration). Ce type de traitement peut être combiné à l’administration d’un médicament antiparasitaire (albendazole ou mébendazole).  
-    Observer et attendre. Cette approche peut être envisageable lorsque les lésions kystiques sont calcifiées. 

À l’heure actuelle, il n’y a aucun algorithme clairement défini pour la prise en charge d’une échinococcose kystique. Pour l’instant, le choix thérapeutique se base sur la classification échographique établie par l’OMS. Celle-ci oriente le traitement en fonction du stade de l’échinococcose kystique qui dépend de la morphologie des kystes visualisée lors de l’échographie. (plus d'explications : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5361546/)  

7 - Répartition géographique

L’échinococcose kystique a une distribution cosmopolite, mais elle est principalement endémique en Asie Centrale, Amérique du Sud, Afrique du Nord et Afrique de l’Est. En Europe Centrale, la contamination autochtone est rare, les cas recensés sont alors importés de zones endémiques. 

mceclip4 - 2023-09-13 13h36m26s

Répartition géographique de l’échinococcus multilocularis et granulosus sensu lato. (Wen et al., 2019)

8 - Échinococcose kystique, la situation en Belgique

L’échinococcose kystique n’est pas endémique en Belgique. Ainsi, les cas diagnostiqués sont des  patients qui se sont contaminés dans un pays endémique, soit par ce qu’ils y ont vécu de longues années, soit parce que leur famille vit dans une zone endémique et qu’ils vont régulièrement les visiter. En effet, le flux migratoire observé ces dernières années est potentiellement à l’origine de l’augmentation des cas recensés. La surveillance de la situation belge face à cette parasitose est nécessaire de façon à diagnostiquer les cas le plus précocement possible et informer la population concernée des risques potentiels (contact avec les chiens dans les zones d’élevage). Les pays endémiques les plus fréquemment concernés pour les cas belges sont le Maroc, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie. mceclip5 - 2023-09-13 13h36m42s

Évolution des cas d'échinococcose kystique en Belgique, 2010-2021. Les cas recensés avant 2021 ont été rapportés par le laboratoire de Parasitologie de l’ULB (C. Truyens).