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Le concept de « mort » a considérablement évolué depuis la définition clinique traditionnelle qui assimilait la mort à l’arrêt du cœur et de la respiration. Les progrès de la réanimation ont amené les médecins à réviser cette définition de la mort.

En effet, la respiration artificielle prolongée et le maintien artificiel de la circulation sanguine, tels qu’on les pratique quotidiennement dans les unités de réanimation et de soins intensifs, ont conduit à la notion de « mort cérébrale », aussi appelée « coma dépassé ».

Cette situation nouvelle, créée par la réanimation, a entraîné l’essor de la transplantation d’organes chez l’homme. Le succès de ces greffes d’organes est conditionné par le parfait état des greffons. Dans ces circonstances, il est indispensable de disposer de critères définissant la mort cérébrale avec une certitude absolue, à un moment où les organes à transplanter sont encore indemnes. Cette responsabilité incombe, légalement, à trois médecins qualifiés et indépendants des équipes de transplantation. Le diagnostic de mort cérébrale repose sur un ensemble de critères précis, qui vont affirmer l’abolition irréversible de toutes les fonctions cérébrales.

L’examen clinique permet de mettre en évidence l’état de coma aréactif et la disparition de tous les réflexes du tronc cérébral. Une étude électro-physiologique, par réalisation d’un électro-encéphalogramme et de tests spécifiques, tels les potentiels évoqués, précise les informations recueillies au cours de l’examen clinique.

Enfin, un examen échographique (doppler trans-crânien) ou radiographique (artériographie cérébrale) permet de démontrer un arrêt de toute circulation cérébrale. Ces deux derniers tests, rapides et sans équivoque, constituent une preuve irréfutable de mort cérébrale. Ainsi, le sujet en état de mort cérébrale pourrait être comparé à un ordinateur dont l’unité centrale (le cerveau) aurait été détruite : les « terminaux » (les organes) peuvent encore fonctionner un certain temps, pour autant que l’on puisse suppléer aux commandes, devenues déficientes.

C’est à ce niveau qu’interviennent les médecins et les infirmièr(e)s des Unités de Soins Intensifs. Particulièrement entraînés à utiliser un matériel de plus en plus performant, ils assurent le maintien des fonctions vitales (principalement respiratoire et circulatoire) et la prévention des complications infectieuses qui seraient gravement préjudiciables aux organes à transplanter. Ils savent que le « maintien » d’un donneur conditionne la vie de quatre ou cinq receveurs.

Quelle que soit la décision concernant un éventuel prélèvement d’organes chez un sujet en état de mort cérébrale, le personnel des Unités de Soins Intensifs veille toujours à respecter la dignité du patient et la souffrance de ses proches.