Le CHU de Liège simplifie ses numéros de téléphone. Nous sommes à votre écoute !

.En savoir plus

×
CHUchotis du jeudi - logo web
 
  Le jeudi 16 juillet 2020

Covid-19 : Ne lâchons rien ! Un testing renforcé et un monitoring permanent pour éviter une deuxième vague

EDITO 70 - Covid-19 : Ne lâchons rien ! Un testing renforcé et un monitoring permanent pour éviter une deuxième vague 
 
Pour recevoir nos lettres d'informations,
veuillez vous inscrire via ces liens :
CHUchotis du Jeudi 
CHUchotis Oncologique

70 - 00

Ces dernières semaines, le CHU de Liège a pu, comme les autres institutions du pays, fermer ses salles Covid les unes après les autres. Une forme de « soulagement » après tant de mobilisation des équipes. Aujourd’hui, l’hôpital académique est revenu quasi à son niveau d’activité de 2019, voire à une activité plus importante dans certains secteurs comme la cardiologie ou la chirurgie cardiaque.

Des patients sont toutefois encore testés au Covid-19 chaque jour, dont certains se révèlent positifs. En outre, les départs et retours de vacances nous montrent que le virus circule toujours bel et bien dans les pays qui nous entourent, avec un risque réel qu’il reflambe à son tour dans notre pays.

Afin de répondre aux besoins, le CHU de Liège a relancé son Depist-Car le 13 juillet dernier. Le Laboratoire de Microbiologie clinique reste sur le pont, avec un équipement performant et une équipe réactive, afin de fournir les résultats aux médecins prescripteurs et aux laboratoires sous-traitants dans les meilleurs délais.

Pour être en mesure de réagir au plus vite et au mieux en cas de rebond, nous continuons à monitorer la situation de près grâce au SIME (Service des Informations Médico-Economiques).

 

Qui êtes-vous Professeur Pierre Gillet ?

Diplômé Docteur en Médecine de l’Université de Liège en 1984, Pierre Gillet exerce d'abord la médecine générale. Déjà attentif à l’organisation des soins de santé et à leur dimension sociale, il fonde plusieurs Centres de Santé Intégrés en région liégeoise.

70 - 01a - Gillet

Dans les années ‘90, il devient conseiller à l’Union nationale des Mutualités socialistes (UNMS) et confirme sa passion pour la Santé publique. « Dans la foulée, j’ai défendu une thèse de doctorat en Santé publique et en Economie de la Santé sur la ‘production médicale’ en 1997. Par ailleurs, animé d’un grand intérêt pour l’enseignement, je suis devenu Chargé de cours en Santé publique à l'ULiège dès 1997. »

1998 est une année-clé dans le parcours du Professeur Gillet puisqu’il entre dans le monde hospitalier en devenant médecin-chef adjoint du CHU de Liège. Connaissant bien les rouages et le fonctionnement des soins de santé, il est désigné président du CA du Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) dès sa création en 2003.

En 2010, il devient médecin chef du CHU de Liège, fonction qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Qui êtes-vous Jessica Jacques ?

Logopède de formation et titulaire d’un master en Santé publique, orientation épidémiologie, Jessica Jacques a débuté sa carrière en 2003 au CHU de Liège, à la Direction médicale dans un premier temps, pour effectuer de la recherche en gestion hospitalière. Pour cette spécialiste de l’utilisation des données médicales, il s’en est suivi en 2014 une thèse de doctorat portant sur des indicateurs d’activité clinique à partir des données administratives.

70 - 01b - Jacques

Jessica Jacques rejoint le Service des Informations Médico-Economiques (SIME) dès sa création en 2006, sous la direction du Pr. Philippe Kolh. Depuis 2014, elle y est responsable du secteur exploitation des données médico-économiques.

« Nous exerçons deux rôles principaux : d’une part, mettre à disposition des chercheurs, des médecins et de tout le personnel de l’institution les données cliniques récoltées au travers du Dossier Patient Informatisé (DPI) et d’autres outils applicatifs ; d’autre part, analyser la situation financière de l’institution liée à l’activité médicale », détaille-t-elle.

Durant la crise Covid, elle a pu constater l’utilité décuplée de son service pour l’institution et les patients.

Mariée et maman de deux enfants (un fils de 13 ans et une fille de 11 ans), Jessica aime le sport et est passionnée de couture et de tricot.

 

Qui êtes-vous Cécile Meex ?

Pharmacienne diplômée en 2004 et biologiste clinique diplômée en 2009, Cécile Meex a directement été engagée dans le service de Microbiologie clinique du CHU de Liège, dans lequel elle s’occupe de bactériologie et de biologie moléculaire.

70 - 01c - Meex

En 2014, elle décroche le Certificat Interuniversitaire en Infectiologie et Microbiologie Clinique. « En tant que responsable en biologie moléculaire, en association avec le Pr. Marie-Pierre Hayette, j’ai été fort impliquée dans la mise en place et la gestion des tests PCR dans le cadre de la crise du Covid-19 ».

Cécile est aussi responsable informatique du secteur. « Dans ce cadre, j’ai également participé à toutes les extractions nécessaires dans un premier temps pour le rapportage à Sciensano, puis pour e-Health ainsi que pour les différents outils que nous avons développés en interne ».

Toujours désireuse d’apprendre, cette pharmacienne est également en troisième année d’une thèse de doctorat sur le streptocoque du groupe B.

Mariée et maman de deux filles de 7 et 10 ans, Cécile est une adepte du sport en famille et aime la lecture.

 

Dépistage : reprise du Depist-Car au CHU

Aujourd’hui, les critères de dépistage sont beaucoup plus larges qu’il y a quelques semaines. Et qui cherche, trouve. « Régulièrement, nous testons des patients au Covid-19 qui se révèlent positifs. Ces cas sont sporadiques, mais bien réels. Il est donc essentiel que les personnes symptomatiques et les personnes qui ont été en contact avec des patients Covid-19 confirmés continuent à se faire tester afin de pouvoir les isoler et les traiter », indique le Pr. Gillet.

70 - 02

« Par ailleurs, depuis la semaine dernière, la réalisation d’un test PCR est également devenue une obligation pour tous les voyageurs qui reviennent de pays en zone rouge ou orange », enchaîne Pierre Gillet. « Il est donc fort probable que la demande de tests PCR Covid-19 augmente . »

Dès lors, notamment afin de soulager les médecins généralistes, le CHU de Liège a décidé de relancer son « DEPIST-CAR » le 13 juillet dernier. Il est organisé sans rendez-vous, chaque jour ouvrable de 13h à 16h30 au Sart Tilman.

« Le dispositif reste le même qu’à ses débuts : le patient reste dans sa voiture pour réaliser le test. Ceux qui viennent en bus ou à pied peuvent aussi se présenter pour un test. Chacun doit disposer d’une prescription médicale et de sa carte d’identité », précise le Directeur médical du CHU.

 

Un monitoring permanent pour réagir de la façon la plus appropriée

Durant toute la crise Covid-19, le Service des Informations Médico-Economiques (SIME) a suivi et diffusé énormément de données. « Nous avons répondu à 54 demandes de données cliniques chez les patients COVID. La moitié d’entre elles étaient liées à une activité de recherche. Par ailleurs, nous avons été réactifs dans la mise à disposition d’outils de pilotage à la fois pour le suivi des Villages aux Urgences, pour le suivi des patients hospitalisés (nombre de patients dans chaque unité de soins) et pour le suivi des PCR », rapporte Jessica Jacques.

70 - 03

« L’idée, c’est que l’institution au sens large puisse accéder à une information actualisée quotidiennement avec le suivi des différents éléments », poursuit-elle.

Et le Pr. Gillet d’ajouter : « L’essentiel était de pouvoir adapter les ressources, avec la même attention lorsque l’on augmentait ou diminuait, en fonction des données épidémiologiques internes. Aujourd’hui, nous continuons à suivre ces données de près et nous nous tenons ainsi prêts à réagir de manière efficace et structurée à une éventuelle deuxième vague. »

 

Une expertise précieuse pour faire face à une éventuelle deuxième vague

Entre le 4 mars 2020 et le 2 juin, les deux villages Covid ont connu près de 5000 passages. Parmi eux, près de 27% ont donné lieu à une hospitalisation.  Les patients ayant fréquenté le service des Urgences pour suspicion de Covid ont en moyenne 48 ans.

70 - 04

Le pic d’admissions a eu lieu entre le 30 mars et le 2 avril, avec 113 admissions journalières. Plus précisément, le pic d’activité a eu lieu le 23 mars au Sart Tilman (102 admissions) et le 1er avril à ND Bruyères (56 admissions).

De fin mars à fin avril, un centre de tri a été organisé en amont des urgences sur les deux sites, permettant d’assurer le pré-tri en médecine générale de près de 900 patients.

Fin mai, le CHU avait hospitalisé 978 patients en raison du Covid.

« Au cours des quatre derniers mois, nos médecins et notre personnel soignant ont eu l’occasion d’apprendre à cerner le virus et de mettre au point des stratégies thérapeutiques, qui ont évolué au fil du temps, en fonction des nouvelles connaissances et de l’expérience. Il ne fait nul doute que si une deuxième vague devait survenir, nos équipes sont prêtes à mettre au profit des patients toute cette expertise », souligne le Pr. Gillet.

 

Une technique PCR mise au point en quelques jours

« Les premières demandes de tests PCR nous sont parvenues fin février. Nous avons alors commencé par sous-traiter à la KUL. La semaine du congé de Carnaval, nous observions l’augmentation du nombre de demandes et remarquions que Leuven tardait à nous rendre les résultats dans un délai acceptable. Puis, au retour du congé de Carnaval, tout s’est emballé », se souvient Cécile Meex.

70 - 05

« Contacts pris avec la KUL et Anvers, nous avons décidé le lundi après les vacances de mettre au point notre propre test. C’est finalement Anvers qui nous a envoyé son protocole. En trois jours, nos équipes techniques développaient une PCR, depuis la commande des réactifs, l’obtention de contrôles positifs, la mise au point de la technique jusqu’à la validation des résultats. C’est ainsi que le 6 mars, nous avons déjà pu démarrer nos propres tests PCR au Sart Tilman », rapporte Cécile Meex.

A l’époque, il s’agissait de techniques très manuelles, développées sur les automates disponibles au CHU. « Nous avions donc une capacité limitée à une centaine de tests par jour. Puis, la demande a très rapidement augmenté. Nous sommes alors arrivés – avec beaucoup de volonté et de travail - à relever le défi de réaliser avec cette technique jusqu’à 200 tests par jour. Mais là, nous étions vraiment à notre maximum avec des technologues qui étaient sollicités un très grand nombre d’heures par jour ».

Très rapidement, vu l’urgence et le caractère inédit de la situation, le service de Microbiologie clinique a eu l’accord de la Direction pour s’équiper d’un robot de la firme Roche qui leur a permis d’augmenter le nombre de tests de manière significative. « Grâce à la grande réactivité de la firme également, nous avons reçu très rapidement ce nouveau robot qui est passé en production le 25 mars et nous a permis – avec l’aide du personnel technique mais aussi de renfort administratif - d’accroître notre capacité jusqu’à 800 tests PCR par jour ».

L’élargissement des critères pour pouvoir subir un test PCR, durant le mois de mai, a entraîné ensuite une nouvelle augmentation du nombre de demandes et la réapparition de problèmes de gestion. Mais une solution a également été vite trouvée grâce à un accord de collaboration intervenu avec l’ULiège. « A partir de là, nous avons sous-traité une partie de nos tests à l’ULiège car les réactifs fournis pour nos automates ne nous permettaient plus de traiter le volume important de tests demandés », indique Cécile Meex.

Entretemps, le CHU de Liège a pu se constituer une réserve de kits. Disposant toujours de l’automate Roche, et étudiant d’autres pistes pour atteindre en automne les capacités définies par la Commission de Biologie Clinique, il se tient prêt à une éventuelle deuxième vague.

Sur l’ensemble de la période, le CHU a validé 43.781 tests de PCR. Parmi ceux-ci, 4.199 tests ont présenté un résultat positif, soit 10%.

 

Labo du CHU
      Nombre de test PCR
Nombre de PCR +
% de positif

Mars

                                   4.499

1228

27%

Avril

                                12.112

2304

19%

Mai

                                17.631

598

3%

Juin

                                   9.539

69

1%

Total

                                43.781

                    4.199

10%

 

TAT : des résultats dans des délais appréciables

Un outil intéressant développé par l’équipe de Jessica Jacques est le suivi du TAT (Turn Around Time), c’est-à-dire le temps de rendu du résultat.

« Nous mesurons le temps qui s’écoule entre la demande et la transmission du résultat validé au médecin demandeur. Au fil du temps, ce TAT a diminué. Il a été très long lorsque nous sous-traitions à Leuven (jusqu’à 5 jours), ce qui a créé de nombreux mécontentements tout à fait justifiés. Lors de nos premiers tests, nous avons été en mesure de rendre les résultats dans les 24 à 48h. Puis, nous avons fait l’acquisition de l’automate et élargi nos plages de travail, ce qui nous a permis de faire descendre notre TAT sous les 24 heures », relève Cécile Meex.

70 - 06

« Nous avons également mis en place des systèmes d’envoi de fax automatiques aux laboratoires sous-traitants et de courrier électronique aux médecins prescripteurs, à leur grande satisfaction », ajoute encore la pharmacienne.

L’outil de pilotage développé au sein du SIME (TAT, indications de prescription des tests PCR, … ) s’est révélé précieux pour manager la crise, mais également anticiper la suite. « Par exemple, les indications de prescription des tests PCR nous ont permis d’avoir des statistiques en fonction de la situation clinique des patients, d’avoir un regard rétrospectif sur les analyses réalisées pour les laboratoires extérieurs... Récemment, un outil a été développé informant sur l’âge des patients détectés positifs et sur leur degré de positivité. Ces différentes données nous permettront aussi de réagir plus rapidement s’il y avait subitement un changement dans le type de patients atteints par exemple », relève Cécile Meex.

« Mettre en place ces outils nous prend certes plusieurs jours, mais dès qu’un service souhaite des adaptations (ex : la pyramide des âges que nous avons ajoutée dernièrement), nous pouvons les réaliser dans la journée », ajoute encore Jessica Jacques.

 

De nombreuses études grâce au registre du patient COVID

Rassembler toutes ces données a permis d’obtenir rapidement et en temps utiles les facteurs prédictifs d’un test PCR positif, d’une hospitalisation, afin de faire le tri des patients. Ces informations ont donc permis d’analyser statistiquement en temps réel les facteurs de risque.

70 - 07

Le CHU de Liège a développé 39 projets de recherche dans le domaine de la Covid-19 validés et financés via les appels du FNRS, de la Fondation Léon Fredericq, du KCE… « Cette recherche n’aurait pas été possible sans la réactivité et le caractère combatif des médecins, mais aussi sans les outils transversaux qui permettaient de fournir les données cliniques et biologiques des patients », souligne le Pr. Gillet.

« Nous avons établi un Registre du patient Covid grâce aux données que nous sommes allés rechercher dans tous les domaines applicatifs. Nous avons ainsi toutes les données du patient depuis son arrivée aux Urgences jusqu’à sa sortie, et maintenant même son suivi en polyclinique. Ce fichier était mis à jour tous les jours au plus fort de la crise. L’idée était d’avoir un Registre établi de manière collaborative entre les différentes spécialités médicales (Urgences, Soins intensifs, Pneumologues, Rhumatologues, Néphrologues, Biobanque, ...) et auquel chaque professionnel pouvait accéder », rapporte Jessica Jacques.

Enfin, en termes de développement économique, le CHU a notamment contribué au développement des écouvillons de la société Any-Shape et à la validation des tests de Zentech.

 

Les salivettes : un test plus convivial pour bientôt au CHU de Liège

Dans le décours de la décision de l’ULiège de proposer à ses étudiants des salivettes pour s’autotester au COVID-19 et fort des conclusions encourageantes de plusieurs études récentes, le CHU de Liège proposera également dans les prochaines semaines ce nouveau test non-invasif.
« Des études récentes démontrent que la salive est une alternative tout à fait valable, voire préférable au prélèvement nasopharyngé à l’aide d’écouvillons », explique le Pr. Gillet.

70 - 08 

« Ce sont d’excellentes nouvelles quand on sait que les prélèvements nasopharyngés ne sont pas indolores et qu’ils doivent parfois être répétés à plusieurs reprises en raison du pourcentage élevé de faux-négatifs », poursuit Pierre Gillet.
Pour pouvoir proposer ce test à sa patientèle, le CHU de Liège n’attend plus que sa validation par Sciensano. Etant donné sa bonne sensibilité et son caractère non-invasif, ce nouveau test de diagnostic du COVID-19 pourrait constituer une étape-clé dans la maîtrise de la pandémie.

 

Message aux médecins traitants / A vous de jouer !

La période de vacances nous place face à de nouveaux défis. La demande de tests PCR Covid augmente et augmentera encore au cours des prochaines semaines.

70 - 09

« Si nous voulons éviter une seconde vague, il est capital que nous continuions à tester tous les patients symptomatiques, les personnes qui ont été en contact avec des patients Covid confirmés et les personnes revenant de voyage de zones rouges ou oranges. C’est pour répondre à cette demande et pour vous soulager dans votre travail que nous avons redémarré le DEPIST-CAR ce lundi », rapporte le Pr. Gillet.

Le CHU de Liège reste bien sûr également tout à fait disponible pour analyser tous les prélèvements que lui enverront les médecins généralistes, tout comme il le fait pour la grippe ou autres analyses PCR.

« Si vous souhaitez tester un patient vous-même, vous pouvez le faire et nous mettrons tout en œuvre pour vous faciliter le travail », indique le Pr. Gillet.

Comment faire ?

Consulter la procédure en ligne

Vous n’avez pas le matériel ? N’hésitez pas à nous contacter ! Le CHU de Liège est en mesure de vous fournir le matériel dont vous avez besoin, que ce soient les dispositifs de prélèvement ou les équipements de protection individuelle (EPI) (tabliers, masques FFP2, visières). 

 

Pour commander des dispositifs de prélèvement, vous pouvez contacter le dispatching de microbiologie au 04/366.24.37 entre 8h et 18h du lundi au vendredi.

 

Pour commander des EPI, vous pouvez envoyer un courriel au service des achats à Cliquez ici pour afficher l'email

 

 

En tout état de cause, il est vraiment essentiel que nous continuions, ensemble, à dépister car si la propagation du virus a ralenti, le virus continue de circuler. C’est ensemble que nous avons fait face à la plus grande crise qu’ait connu notre institution depuis sa création et que nous parviendrons à gagner la lutte contre le virus 

Pr. Pierre Gillet