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  le 5 mars 2020

Une journée dédiée aux maladies rénales, le 12 mars 2020

EDITO 65 - Une journée dédiée aux maladies rénales, le 12 mars 2020 
 
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CHUchotis Oncologique

 

65 - 00 - Visualisation 3D 

Depuis plus de 40 ans, le nombre de patients atteints d'insuffisance rénale chronique ne fait qu'augmenter. La maladie rénale touche aujourd’hui 10% de la population adulte et sera, en 2040, la 5e cause de décès prématuré : le vieillissement de la population, l’obésité abdominale fréquente, l’hypertension et le diabète forment un cocktail détonnant dans la société actuelle. « Silencieuse et sournoise, l’insuffisance rénale est d’abord asymptomatique. Elle ne se manifeste généralement qu’à un stade bien avancé, parfois terminal, quand la dialyse s’impose. Elle est pourtant potentiellement évitable, à condition d’être diagnostiquée tôt ! », indique le Pr. Jean-Marie Krzesinski, chef du service de Néphrologie du CHU de Liège.

Un dosage sanguin de créatinine, une bandelette urinaire à la recherche de protéines ou de sang et une mesure de la pression artérielle suffisent, une fois par an, chez des sujets sans symptôme, de 45 ans et plus. « Les plus gros facteurs de risque sont l’hypertension, le diabète et l’obésité abdominale. Dans ces cas, de même que chez les personnes avec un passé familial de maladie rénale, nées prématurément ou avec un très petit poids de naissance, on pratiquera une surveillance accrue, précoce. On constate en effet que la maturation des néphrons se fait au cours du dernier trimestre de la grossesse. Une naissance avant terme stoppe donc le développement rénal normal. Les enfants nés avant terme ou de très petit poids présentent donc un capital de néphrons plus faible que les enfants nés à terme, y compris à l’âge adulte, et sont particulièrement à risque d’hypertension, de diabète, de maladie cardiovasculaire et... d’insuffisance rénale. »

 

Qui êtes-vous Professeur Jean-Marie Krzesinski

65 - 01 - Krzesinski

Jean-Marie Krzesinski, alias Dr KRZ, mène le service de Néphrologie du CHU de Liège depuis 2003. Auteur d’une thèse de doctorat consacrée au lien entre le sodium alimentaire et la genèse de l’hypertension essentielle, chef du service de médecine interne à l’ancien hôpital d’Esneux (aujourd’hui CHU Ourthe-Amblève) pendant 10 ans, il mise et insiste sur la prévention, l’éducation et la sensibilisation à tout âge pour prévenir les maladies rénales. Cet Esneutois de 64 ans est marié, papa d’une fille qui a choisi la filière économique et d’un garçon médecin, spécialisé en cardiologie, rythmologie et électrophysiologie.

→ Les publications scientifiques du Professeur Jean-Marie Krzesinski

 

Pathologies cardio-vasculaires et insuffisance rénale

Il existe une vingtaine de causes possibles à l’insuffisance rénale, parmi lesquelles les pathologies cardio-vasculaires. « Si les artères du cœur, du cerveau ou a fortiori de l’abdomen ne sont plus en bon état, il y a de fortes chances pour que celles des reins ne le soient pas non plus », souligne le Pr. Krzesinski. « Si le cardiologue ou le neurologue sont consultés par le patient en raison de signes cliniques évidents d’angor ou de déficit neurologique, on s’inquiète moins souvent des reins parce que peu de symptômes sont présentés par le patient, qui souffre pourtant déjà probablement d’insuffisance rénale. Un simple examen biologique complété de l’analyse des urines et puis d’une échographie permettrait d’objectiver cette souffrance rénale et de proposer une prise en charge pour tenter d’arrêter la progression de la maladie. Sans quoi, elle évolue vers la nécessité d’une dialyse, qui altère la qualité de vie du patient et présente un coût certain pour la société… » La Belgique compte plus de 10.000 patients dialysés et transplantés.  Ce nombre s'élève chaque année de 5%, et cette évolution, identique à celle des autres pays industrialisés, se répercute lourdement (2 à 3%) sur le budget de la sécurité sociale : le coût du traitement par hémodialyse d'un patient s'élève à minimum 60.000 €/an.

65 - 02 - Cardio

 

Le service de Néphrologie du CHU : un contact, trois objectifs

Par ses actions, l’équipe du service de Néphrologie du CHU de Liège ambitionne de rencontrer trois objectifs :

  1. Protéger chaque patient du développement d’une atteinte rénale, notamment par une information complète sur les risques de maladie rénale, cardiovasculaire, sur la nuisance d'un abus de médicaments antidouleurs, sur les pathologies rénales familiales et sur les paramètres alimentaires à éviter (excès protéiques, caloriques ou de sel)

65 - 03 - Trois objectifs   

  1. Faire le maximum pour freiner l'évolution de la maladie rénale si celle-ci n'a pu être évitée, afin de limiter le risque d'insuffisance rénale sévère. Si on ne peut l’empêcher, maintenir le patient dans la meilleure forme possible pour être un potentiel candidat à la greffe rénale.
  2. Assurer le suivi des patients arrivés au stade du traitement de suppléance de la fonction rénale insuffisante, après transplantation d'un rein ou après initiation soit de la dialyse péritonéale, soit de l'hémodialyse.

 

Message aux médecins traitants

 « Il est recommandé de ne pas attendre la fatigue, les crampes, l’œdème ou les difficultés à respirer pour pratiquer les tests de base », insiste le Pr. Krzesinski. « Une prise de sang, un test d’urine, la mesure de la tension artérielle et du tour de taille une fois par an, dès l’âge de 40 ans, sont des tests faciles à mettre en place, et peu coûteux. Il ne faut pas se contenter d’un rapport taille-poids normal pour écarter le risque d’obésité abdominale, celle qui est la source principale de complications telles que l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires et rénales. Le poids peut, en effet, être réparti de façon exagérée au niveau du ventre : on s’assurera, en prenant la mesure à hauteur de l’ombilic, au-dessus des crêtes iliaques, que le tour de taille ne dépasse pas 94 centimètres pour un homme, et 80 pour une femme. »

56 - 04 - Traitants 

Une prise de poids rapide (liée à des œdèmes), un changement anormal de couleur des urines ou une perte d'appétit peuvent également retenir l’attention. « Toute anomalie associée à une baisse de fonction rénale ou une anomalie urinaire (bandelette) devrait pousser à référer le patient à un néphrologue, pour assurer une prise en charge spécifique. Celle-ci pourra parfois se limiter à des conseils pour retrouver un mode de vie sain. Elle nécessitera, dans d’autres cas, des examens complémentaires et/ou un traitement de fond. »

Pour prévenir l'insuffisance rénale, il est recommandé de maintenir une bonne hygiène de vie, de surveiller les facteurs de risque et de se faire dépister. Les conseils d'hygiène de vie qui concernent les reins qui contribueront également à prévenir les maladies cardiovasculaires et métaboliques sont :

  • Boire la quantité d'eau adaptée aux besoins (au moins 1,5 L par jour), répartie sur la journée afin de faciliter le travail des reins ;
  • Avoir une alimentation équilibrée afin d'éviter le surpoids et l'excès de sucres en privilégiant les fruits et légumes frais ;
  • Eviter les excès de sel (notamment les plats préparés par l’industrie) qui favorisent l'hypertension et les lithiases urinaires ;
  • Arrêter de fumer : le tabac multiplie les risques d’athérosclérose des artères dont celles des reins et de cancer des voies urinaires ;
  • Pratiquer une activité physique régulière
  • Éviter l’automédication : les anti-inflammatoires non stéroïdiens et certains analgésiques peuvent être toxiques pour les reins et atténuer l’effet de médicaments antihypertenseurs si une hypertension est déjà traitée.