1. Qu'est-ce que l'immunothérapie ?

L'immunothérapie (également appelée thérapie biologique ou biothérapie) consiste à utiliser le système immunitaire pour combattre directement ou indirectement le cancer.

Le système immunitaire est composé d'organes, de cellules et de substances qui ont pour fonction de protéger et défendre le corps contre les agents infectieux étrangers tels que les bactéries ou les virus. Il a également le potentiel pour faire la différence entre les cellules saines de l'organisme et les cellules cancéreuses, et pour éliminer ces dernières. De manière simplifiée, on peut dire qu'il fonctionne essentiellement en gardant une trace de toutes les substances normalement trouvées dans le corps. Ainsi, toute nouvelle substance non reconnue déclenche une alarme qui entraîne une réaction du système immunitaire. De telles substances sont appelées « antigènes ». Les germes tels que les virus et les bactéries présentent à leur surface des substances qui ne sont normalement pas présentes dans le corps et sont donc considérées comme étrangères par le système immunitaire. Les cellules cancéreuses présentent souvent à leur surface des substances inhabituelles qui peuvent également agir comme des antigènes. Les germes étant très différents des cellules saines humaines, le système immunitaire n'éprouve souvent aucune difficulté à les considérer comme des agents étrangers. A l'inverse, la capacité du système immunitaire à combattre naturellement le cancer est souvent limitée.

Plusieurs raisons permettent d'expliquer cela :

  • Dans bien des cas, les cellules cancéreuses et les cellules saines présentent entre elles des différences qui ne sont pas suffisamment claires pour que le système immunitaire considère les cellules cancéreuses comme une menace.
  • Dans certains cas, le système immunitaire considère les cellules cancéreuses comme étrangères mais sa réaction n'est pas suffisamment forte pour éliminer le cancer.
  • Les cellules cancéreuses sont également capables de contrecarrer les réponses immunitaires en libérant des substances qui neutralisent le système immunitaire.

Pour surmonter ce problème, différentes approches d'immunothérapie ont été conçues dans le but d'aider le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses et de renforcer sa réponse afin qu'il soit capable de les détruire.

2. Objectifs

Les différentes méthodes d'immunothérapie visent à stimuler directement ou indirectement le système immunitaire de plusieurs façons :

En renforçant les différences existant entre les cellules saines et les cellules cancéreuses, de sorte que ces dernières soient plus facilement reconnues et détruites par le système immunitaire.

  • En augmentant l'intensité des réponses immunitaires.
  • En utilisant des cellules pour attaquer les cellules cancéreuses.
  • En utilisant des anticorps pour attaquer les cellules cancéreuses.

En améliorant la capacité du corps à réparer ou remplacer les cellules saines endommagées ou détruites par d'autres formes de traitement.

3. Types d'immunothérapie

L'immunothérapie englobe une grande variété de traitements qui fonctionnent de différentes manières. Certains visent à stimuler le système immunitaire d'une façon très générale, alors que d'autres visent à aider celui-ci à attaquer spécifiquement les cellules cancéreuses.

Les principaux types d'immunothérapies employées pour combattre le cancer incluent :

  • Les anticorps monoclonaux : les anticorps monoclonaux sont similaires aux anticorps produits par le système immunitaire à ceci près qu'ils sont conçus en laboratoire. Ils sont élaborés de façon à reconnaître et attaquer de manière spécifique certains composants des cellules cancéreuses.
  • Les vaccins anticancéreux : la vaccination consiste à injecter des substances étrangères dans le corps pour engendrer une réponse immunitaire spécifique. Les vaccins permettent notamment de prévenir les infections causées par certaines bactéries ou certains virus. Les vaccins anticancéreux se trouvent encore au stade expérimental. Contrairement aux vaccins administrés à titre préventif, l'idée est de mettre au point des vaccins qui puissent être administrés une fois la maladie déclarée, lorsque la taille de la tumeur est encore suffisamment restreinte. Ce type de vaccins est actuellement testé pour combattre le  mélanome ainsi que d'autres cancers. A titre d'exemple on peut citer les vaccins à base de cellules dendritiques, certaines cellules du système immunitaire capables de détecter la présence d'agents pathogènes et de cellules cancéreuses, et d’activer en conséquence la réponse des lymphocytes en leur présentant les antigènes cibles. Les vaccins élaborés à partir de cellules dendritiques sont dits autologues (spécifiques pour chaque patient). Pour les préparer, les médecins doivent prélever dans le sang du patient des cellules dendritiques qui seront ensuite traitées au laboratoire pour proliférer rapidement. Une fois en quantité suffisante, les cellules dendritiques sont mises en présence de cellules cancéreuses ou d'antigènes tumoraux afin d'obtenir des cellules dendritiques présentant à leur surface les antigènes des cellules tumorales présentent dans le corps du patient. Elles sont alors injectées au patient en vue de provoquer une réponse immunitaire dirigée contre les cellules cancéreuses.
  • L'immunothérapie cellulaire : l'immunothérapie cellulaire consiste à utiliser les cellules du système immunitaire (surtout les lymphocytes) comme arme thérapeutique, notamment contre le cancer. Il peut s'agir de lymphocytes autologues (provenant du patient lui-même), qui doivent être activés au préalable, ou de lymphocytes allogéniques (provenant d'un donneur), que l'on peut dépléter en cellules indésirables ou amplifier en cellules d'intérêt. On peut ainsi distinguer deux principales approches : le transfert de lymphocytes T spécifiques d’antigènes tumoraux et l’utilisation de lymphocytes NK (de l'anglais « natural killer », signifiant « tueur naturel »).
  • Les immunothérapies non spécifiques : ces traitements visent à stimuler d'une manière non spécifique l'activité anticancéreuse du système immunitaire, par exemple par des médicaments. Ces traitements poussent notamment le système immunitaire à produire plus d'anticorps qui seront utiles pour lutter à la fois contre le cancer et contre les infections.

4. Associations de traitements

L'immunothérapie peut être employée seule pour traiter certains cancers, mais dans la plupart des cas il semble que son efficacité est meilleure lorsqu'elle est employée avec d'autres types de traitement.