1. Qu'est-ce que la chirurgie oncologique ?

ChirurgieLa chirurgie oncologique comprend l'ensemble des gestes chirurgicaux dont ont besoin les patients souffrant d'un cancer.

La chirurgie est la forme la plus ancienne de traitement du cancer. Elle joue un rôle essentiel dans le diagnostic et l'évaluation de l'étendue du cancer (ce que les médecins appellent « staging »). Dans certains cas, on peut y avoir recours de manière préventive. La chirurgie peut également être employée pour améliorer l'efficacité d'autres traitements.

Pendant longtemps, la chirurgie a été le seul traitement des tumeurs solides. De nos jours, elle en reste le traitement principal et offre les meilleures chances de guérison pour de nombreux types de cancer, spécialement pour ceux qui ne se sont pas répandus (qui n'ont pas donné lieu à la formation de métastases).

Le type de chirurgie réalisée dépend du type de cancer, de sa localisation et de son étendue, ainsi que de l'état de santé du patient. Certaines chirurgies sont mineures et rapides, alors que d'autres représentent des interventions conséquentes pouvant affecter les habitudes de vie du patient.

2. Objectifs

Si la résection complète de la tumeur maligne est le traitement chirurgical le plus connu, le chirurgien peut ou doit intervenir dans la prise en charge des patients cancéreux. Voici ci-dessous une liste des types de chirurgie que doit parfois subir un patient cancéreux, avec pour chacun une brève explication de leur utilité :

La chirurgie curative

La chirurgie oncologique curative vise à retirer complètement le cancer du patient malade par la résection de la tumeur, des ganglions lymphatiques situés à proximité et, dans certains cas, des éventuelles métastases issues de la tumeur. La chirurgie curative nécessite parfois plusieurs interventions chirurgicales à plusieurs semaines d'intervalle. Souvent, le pronostic d'une tumeur cancéreuse dépend de la qualité de la prise en charge chirurgicale curative première. La chirurgie secondaire dite de rattrapage est souvent beaucoup plus difficile et de moins bon pronostic.

La chirurgie curative est appliquée lorsque la tumeur est localisée dans une zone spécifique du corps. Elle peut être employée seule ou en association avec la chimiothérapie ou la radiothérapie, qui peuvent être administrées avant ou après l'opération chirurgicale.

La chirurgie prophylactique

Ce type de chirurgie est employé à titre préventif afin de retirer du corps un tissu ou un organe qui ne contient pas de cellules cancéreuses au moment de l'intervention, mais qui pourrait donner lieu au développement d'un cancer ultérieurement. Dans certains cas, on y a recours pour enlever un organe entier lorsque la personne concernée présente une prédisposition héréditaire qui augmente ses risques de développer un jour un cancer.

La chirurgie diagnostique

Ce type de chirurgie est employé pour prélever un échantillon de tissu (biopsie) en vue d'une analyse anatomo-pathologique. Cette analyse aide à confirmer un diagnostic, à identifier le type de cancer dont la personne est atteinte, et à en déterminer le stade.

La chirurgie de staging ou de stadification

Ce type de chirurgie est utile pour déterminer jusqu'à quel point le cancer s'est répandu dans le corps. Les examens d'imagerie et les résultats des analyses anatomo-pathologiques sont utilisés pour établir le stade clinique de la maladie. Le stade chirurgical représente une mesure plus exacte de l'étendue du cancer.

La chirurgie de réduction tumorale

Ce type de chirurgie est utile pour réduire le plus possible la taille de la tumeur. Elle est appliquée dans certaines situations ou le retrait de la tumeur dans son entièreté pourrait causer trop de dommages à un organe ou aux tissus environnants. Ce type de chirurgie est suivi par d'autres formes de traitement telles que la chimiothérapie et la radiothérapie.

La chirurgie palliative

Ce type de chirurgie est utile dans le cadre de la prise en charge des cancers de stades avancés. Elle n'a pas une visée curative, mais est employée pour soulager l'inconfort et la douleur, ou pour corriger d'autres problèmes causés par la maladie ou les traitements.

La chirurgie de soutien

Ce type de chirurgie est similaire à la chirurgie palliative dans le sens où elle n'a pas une visée curative. Elle est employée pour améliorer l'efficacité d'autres traitements. Un exemple de chirurgie de soutien consiste en la mise en place d'un cathéter permettant l'administration de la chimiothérapie.

La chirurgie réparatrice et reconstructrice

On procède parfois à ce type de chirurgie suite à une chirurgie curative ou à un autre type de chirurgie, et ce dans le but de modeler ou restaurer l'apparence physique ou la fonction d'une partie du corps. La reconstruction peut avoir lieu immédiatement après le retrait de la tumeur (on parle alors de reconstruction immédiate), ou quelques semaines à quelques mois plus tard (on parle alors de reconstruction différée). A titre d'exemple, au cours d'une même intervention les femmes atteintes d'un cancer du sein subissent une chirurgie à visée curative immédiatement suivie d'une chirurgie reconstructrice du sein dans le but d'en restaurer l'apparence physique. Cette approche est communément appelée « chirurgie oncoplastique ».

3. Associations de traitements

En raison de l'amélioration des techniques de dépistage et de diagnostic, lorsque le cancer est découvert à un stade précoce, que l'ablation totale de la tumeur est possible et que celle-ci ne s'est pas encore propagée ailleurs dans le corps, la chirurgie permet à elle seule de guérir le cancer.

Dans de nombreux cas, la chirurgie est utilisée en combinaison avec d'autres types de traitement tels que la  chimiothérapie et la radiothérapie. Ces traitements peuvent être employés avant la chirurgie afin de diminuer la taille de la tumeur et donc d'en faciliter le retrait chirurgical, ils sont alors appelés « néo-adjuvants ». On peut également y avoir recours après la chirurgie dans le but d'éliminer les cellules cancéreuses qui seraient encore présentes dans l'organisme après l'opération chirurgicale, ils sont alors appelés « adjuvants ».