Comment prendre soin de vos dents pour être en bonne santé

11 Le professeur Didier Cataldo ne fait pas que s’intéresser à l’influence de l’environnement sur les maladies pulmonaires. Comment marier clinique, enseignement et recherche ? Rencontre avec un hybride de la médecine. Quels sont les effets de l’environnement sur le développement des maladies inf lammatoires pulmonaires et sur le cancer du poumon? Comment la pollution interfère-t-elle avec ceux-ci ? Depuis plusieurs années, le professeur Didier Cataldo cherche les réponses à ces questions. L’objectif : diminuer un grand nombre de tumeurs pulmonaires et leur croissance. UNE PASSION « J’ai toujours voulu faire de la recherche. A 19 ans, j’étais en Bac 2 en médecine. J’ai été engagé comme étudiant chercheur par mon professeur en biologie, le professeur Jean-Michel Foidart (aujourd’hui, il codirige ce laboratoire avec le professeur Noël). Par la suite, j’ai fait la médecine interne et 3 années complètes de clinique. J’ai alors choisi de partager mon temps entre la clinique et la recherche ». Aujourd’hui encore, Didier Cataldo tient à conserver une carrière qu’il qualifie d’« hybride » : « Je ne conçois pas d’être clinicien et de ne pas contribuer à l’amélioration des techniques ou des traitements » explique-t-il. Pneumologue spécialisé dans les maladies respiratoires obstructives, une partie de ses occupations est consacrée à la clinique (ce qui lui permet de rester en contact avec les patients). Une autre est dévolue à l’enseignement (il est professeur ordinaire à l’ULiège), une troisième à la recherche au laboratoire de biologie des tumeurs et du développement à l’ULiège et au CHU. L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL Au départ de la recherche qui nous intéresse, un constat alarmant : beaucoup de patients sont malades à cause de l’environnement. De nombreuses maladies pulmonaires sont à la fois exacerbées par celui-ci (par les polluants et leurs caractéristiques) ou directement causées par l’environnement. «Nous étudions donc l’interaction entre l’environnement et les pathologies. Par exemple, de nombreux patients asthmatiques développent des pathologies plus sévères quand ils sont exposés à certains polluants comme l’ozone. D’autre part, des études épidémiologiques démontrent qu’un cancer du poumon chez une personne évoluant dans un environnement pollué a un moins bon pronostic que chez un individu vivant dans une atmosphère plus saine. C’est vrai aussi pour le cancer du sein». Des maladies inflammatoires et des cancers ne se déroulent donc pas de la même manière selon le degré de pollution auquel le patient est exposé. CHERCHER A partir de ce constat, le professeur Cataldo et son équipe ont construit des modèles pour étudier le phénomène, notamment sur des souris. Objectif : démonter les mécanismes qui conduisent à l’aggravation des maladies par l’environnement, pour arriver à traiter cela ou, au moins, à identifier ce qu’il faut éviter pour empêcher que la maladie s’aggrave. «Nous ne pouvons pas traiter complètement l’environnement et retirer tous les polluants comme l’ozone par exemple. Par contre, si nous trouvons des mécanismes, inflammatoires notamment, sur lesquels nous pouvons développer des stratégies, alors on peut tenter d’influer sur cette interaction environnement-maladie». TROUVER Depuis une quinzaine d’années, le professeur Cataldo et son équipe cherchent. Ils trouvent aussi ! «Certains types de cellules polynucléaires neutrophiles (des cellules tueuses et anti-infectieuses, la première ligne de défense de l’organisme) sont impliqués dans la progression de cancers. Ces cellules sont attirées au sein du poumon par l’ozone. Ces neutrophiles particuliers supportent la croissance tumorale, la boostent même. Conséquence : cela provoque des métastases». Fait remarquable : lorsque ces neutrophiles sont supprimés, les métastases sont beaucoupmoins nombreuses voire inexistantes. «Chez l’animal, il est possible de retirer ces neutrophiles. Ce n’est pas possible chez l’homme en raison du caractère fondamentalement important des cellules pour la réponse immunitaire. Nous cherchons le moyen de le faire sélectivement en n’enlevant que le sous-type de neutrophile délétère». Les recherches ont aussi abouti à la découverte d’unmédicament qui fonctionne dans le traitement de l’asthme et de maladies induites par le tabac. Il est en phase de test clinique chez l’homme. «Avec des collègues, nous avons créé en 2013 la société pharmaceutique «Aquilon Pharma». Nous travaillons sur des façons originales d’envelopper les médicaments pour obtenir des corticoïdes inhalés plus efficaces». POURSUIVRE LES ÉTUDES Cette recherche n’est pas la seule sur laquelle travaillent Didier Cataldo et sa douzaine de collaborateurs. «Nous sommes notamment soutenus par la Fondation Roi Baudouin et la Fondation Léon Fredericq ainsi que le Télévie pour un autre projet qui s’intéresse très spécifiquement à la résistance aux chimiothérapies ciblées dans le cancer du poumon». Au fil des recherches qu’il mène, deux questions interpellent plus particulièrement le professeur Cataldo. La première est très spécifique: comment l’environnement recrute-t-il ces neutrophiles qui facilitent la prolifération de tumeurs? «Avec cela, nous pourrions probablement diminuer un grand nombre de tumeurs pulmonaires et leur croissance. C’est ce qui me titille le plus actuellement». La seconde question est beaucoup plus large, elle touche à l’essence-même du travail du chercheur : «Certains font de la recherche sur le cancer, d’autres sur le système immunitaire, d’autres encore de la recherche clinique, fondamentale ou animale. Pourquoi ne pas décloisonner davantage la recherche, éviter de se retrouver cantonner dans un domaine trop restreint ? Nous essayons d’avoir une vue transversale des problèmes, de la recherche. Cela permet d’aller plus loin. Ce n’est pas facile au quotidien mais c’est mon credo (rire) ». Charles Neuforge «Il faut décloisonner la recherche» Vous souhaitez, vous aussi, soutenir la Fondation Léon Fredericq et nos jeunes chercheurs de l’Université et du CHU de Liège ? FAITES UN DON, CHAQUE AIDE EST ESSENTIELLE ! Compte : BE48 0018 3821 0927 Communication : Fondation Léon Fredericq CC4012 (déductibilité fiscale à partir de 40€) Contact Fondation Léon Fredericq, Caroline MAZY, 04/366.24.06, caroline.mazy@chuliege.be LE CHERCHEUR DU MOIS| FONDATION LEON FREDERICQ DIDIER CATALDO Chercheur du mois

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