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La pathologie hypophysaire

Par A. Beckers, Endocrinologie, CHU de Liège, Belgique

Illustrations et animation:
P. Petrossians
Graphmed, Liège, Belgique

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Auteurs: A. Beckers et A. Stevenaert

I Anatomie
II Physiologie
III Les adénomes hypophysaires
       1. Généralités
       2. Les prolactinomes
       3. L'acromégalie
       4. Les adénomes à TSH
       5. Les gonadotrophinomes
       6. Les adénomes à ACTH

IV Le traitement des adénomes hypophysaires
       1. Traitements dirigés contre l’adénome
       2. Traitements substitutifs
V La déficience en hormone de croissance
VI Bibliographie
VII Pour en savoir plus...
VIII Pages hypophysaires du site de la Société Française d'Endocrinologie


I Anatomie

a. L'hypophyse :

  L'hypophyse mesure 13 mm sur le plan transversal , 9 mm sur le plan antéropostérieur et 6 mm sur le plan vertical. Son poids moyen est de 0,6 gr. Elle comprend un lobe antérieur et un lobe postérieur aisément individualisables.

  L'hypophyse se blottit dans une fossette de la face supérieure du corps du sphénoïde dénommée selle turcique. Une dure mère tapisse les parois osseuses et ferme la loge en haut en constituant le diaphragme sellaire. Celui-ci est percé d'un orifice dans lequel s'insinue la tige pituitaire (voir une image IRM normale).

b. Vascularisation :

  La vascularisation de l’antéhypophyse se fait au travers d’un système artérielle, issu de la carotide interne avec des artères hypophysaires supérieures et inférieures et par l’intermédiaire d’un système porte constitué d’un réseau capillaire. Les neuro-peptides hypothalamiques sont déversés dans le système porte et atteignent l’anté-hypophyse.

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II Physiologie

a. Généralités :

  Le contrôle de la sécrétion hormonale à partir de l’hypophyse antérieure est soumis à des signaux très complexes d’origine centrale et périphérique. L’hypothalamus synthétise et sécrète des hormones stimulant ou inhibant la synthèse et la sécrétion des hormones hypophysaires. Les hormones hypothalamiques sont libérées dans le système vasculaire porte, atteignent les cellules antéhypophysaires, spécialisées et se lient à un récepteur membranaire.

b. La prolactine :

  La prolactine est un peptide de 199 acides aminés structurellement apparenté à l’hormone de croissance. La sécrétion de prolactine est dominée par un contrôle hypothalamique négatif entretenu par le neurotransmetteur dopamine, par l’intermédiaire d’un récepteur dopaminergique de la cellule lactotrope. La prolactine agit sur la glande mammaire en stimulant la prolifération des cellules épithéliales ainsi que la synthèse des protéines du lait et du lactose.

c. L'hormone de croissance :

  L’hormone de croissance ou GH (Growth Hormone) est une holoprotéine de 191 acides aminés structurellement apparentée à la prolactine. La sécrétion de GH hypophysaire s’exécute selon plusieurs rythmes. Un pic sécrétoire caractéristique survient à l’induction du sommeil. La sécrétion de GH est régulée par l’action de plusieurs peptides hypothalamiques. Les actions de l’hormone de croissance sont multiples (croissance, lipolyse, synthèse des protéines, etc.) et peuvent être directes ou exercées par l’intermédiaire des somatomédines essentiellement l’IGF-1 (insulin-like-growth-factor 1 ou Sm-C).

d. L'ACTH :

  L’ACTH comprend 39 acides aminés. Elle stimule l’ensemble des voies biosynthétiques de la corticosurrénale (sauf l’aldostérone qui en est nettement moins dépendante). L’ACTH est sécrétée selon deux rythmes biologiques distincts (ultradien et circadien). Le rythme circadien a une période d’environ 24 heures. Le contrôle de sa sécrétion est essentiellement exécuté par un neuropeptide stimulateur, la CRH, d’origine hypothalamique. Les glucocorticoïdes exercent un rétro-contrôle négatif.

e. Les gonadotrophines :

  Les gonadotrophines : les cellules gonadotropes de l’antéhypophyse synthétisent et sécrètent la LH et la FSH, 2 glycoprotéines de poids moléculaire voisin de 30K Dalton. Ces dimères sont constitués par l’association de sous-unités ? et ?. La synthèse et la sécrétion des gonadotrophines est entretenue par la GnRH (ou LHRH, peptide de 10 A.A. d’origine hypothalamique). Chez la femme, la sensibilité hypothalmo-hypophysaire varie cependant au cours du cycle menstruel. La sécrétion de LH et de FSH est pulsatile. Chez l’homme, la sécrétion de ces hormones est régulée par les hormones gonadiques (stéroïdes, inhibine) qui exercent un rétrocontrôle négatif.

f. La TSH :

  La TSH est une glycoprotéine hormonale, constituée de sous-unités ? et ?. La sous-unité ? est identique pour LH - FSH - TSH et hCG tandis que la sous-unité ? confère à ces hormones leur spécificité immunologique et biologique. La TSH assure des effets multiplicatifs et de différenciation sur la cellule thyroïdienne. Sa sécrétion dépend essentiellement de la TRH, un tripeptide hypothalamique qui la stimule et des hormones thyroïdiennes qui exercent un rétrocontrôle négatif. La somatostatine freine également sa sécrétion.

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III Les adénomes hypophysaires

  Grâce à une collaboration étroite entre les services d’Endocrinologie (Professeur A. BECKERS) et de Neurochirurgie (Professeur A. STEVENAERT) plus de 1800 patients souffrant de tumeurs hypophysaires ont été explorés et traités dans notre centre. Parmi eux, 1650 adénomes hypophysaires provenant de la toute la Belgique et de l’étranger. Les données reprises ci-dessous reflètent notre expérience et une étude attentive de la littérature.

1. Généralités :

a. Introduction :

  Selon des séries d’autopsies, l’adénome hypophysaire est extrêmement fréquent et touche environ 15% des individus. Des études systématiques d’imagerie en résonnance magnétique (IRM) confirment l’existence d’anomalies pouvant rendre compte d’un adénome hypophysaire chez 15% des individus normaux. Sur le plan clinique, les adénomes « parlants » sont cependant plus rares. Par ordre de fréquence, on trouve les adénomes à prolactine, les adénomes non fonctionnels (dont 80% sont en réalité des gonadotrophinomes), les adénomes à GH, les adénomes à ACTH et enfin les adénomes à TSH.

b. Classification :

  De façon conventionnelle, on distingue les micro-adénomes (< 10 mm de diamètre) et les macroadénomes (> 10 mm de diamètre). La classification actuelle des adénomes hypophysaires, basée sur l’imagerie médicale (radiographie standard, tomodensitométrie, IRM) reconnaît cinq grades selon l’atteinte de la selle turcique (grade 0 - IV). En outre, les adénomes de grade II à IV peuvent présenter des expansions extrasellaires, de type suprasellaire (A, B ou C) ou de type latérosellaire (D ou E) :

c. Syndrome tumoral (effet de masse) :

  L’adénome peut entraîner des signes généraux dus au volume. Cette symptomatologie peut concerner tous les types d’adénomes, mais en fréquence variable selon le type.

  • Compression de l’antéhypophyse et atrophie des cellules sécrétantes (insuffisance antéhypophysaire).
  • Hyperprolactinémie.
  • Céphalées.
  • Compression des voies opto-chiasmatiques (chute de l’acuité visuelle et le plus souvent hémianopsie hétéronyme bitemporale).
  • Compression des nerfs crâniens oculomoteurs (III, IV, VI) et du trijumeau (V1 et V2) dans le sinus caverneux.
  • Tardivement compression du 3ième ventricule, hydrocéphalie et hypertension intra-crânienne.

2. Les prolactinomes :

a. Symptomatologie (chez la femme) :

  Le prolactinome est l’adénome hypophysaire le plus fréquent. Il affecte particulièrement la femme adulte jeune. Il entraîne un tableau clinique d’aménorrhée et de galactorrhée dans sa forme complète. La galactorrhée est présente chez la femme en âge d’activité génitale (présence d’oestrogènes requise). Ce symptôme sera fréquemment absent chez la femme ménopausée. L’aménorrhée est parfois complète et de longue durée. Dans les cas moins évolués, la patiente peut être oligospanioménorrhéique voire dans certains cas réglée de façon plus ou moins régulière mais avec une ovulation erratique. Chez la femme jeune, l’adénome est généralement diagnostiqué au stade de micro-adénome.

b. Symptomatologie (chez l’homme) :

  Chez, l’hyperprolactinémie provoque une chute des concentrations de testostérone qui entraîne une diminution de libido et différents degrés d’impuissance sexuelle. L’adénome est le plus souvent diagnostiqué au stade de macroadénome. La galactorrhée est exceptionnelle.

c. Syndrome tumoral (effet de masse) :

  Outre les signes fonctionnels, le prolactinome peut entraîner les signes généraux dus au volume. Ceux-ci ont été décrits dans les généralités.

d. Etiologie :

  les adénomes hypophysaires sont des tumeurs monoclonales. Une influence hypothalamique sur le développement de ces tumeurs n’est toutefois pas exclue. Les gènes impliqués dans la genèse des adénomes à prolactine ne sont pas encore bien caractérisés. Dans quelques cas, HST et H-ras ont été impliqués. Dans 8 à 14 % des cas, le gène en cause est le gène NEM-1 (perte de gène suppresseur). Dans les cas où l’adénome à PRL est découvert dans une NEM-1, le gène impliqué dans la pathogénie de la lésion est connu. Il a été identifié en 1997. Il est localisé sur le chromosome 11 en région q13 et code la synthèse de la ménine, une protéine de 610 A.A. de localisation intracellulaire et qui possède une fonction suppressive.

e. Les carcinomes :

  L’adénome hypophysaire à prolactine est une tumeur bénigne. Sur 1650 cas d’adénomes hypophysaires explorés à Liège, un seul cancer a été formellement diagnostiqué. Dans les cas de carcinomes, des anomalies génétiques non présentes dans les cas d’adénomes bénins ont été découvertes.

f. Diagnostic différentiel :

  le taux de prolactine est en général proportionnel au volume de la tumeur. Le diagnostic différentiel des hyperprolactinémies peut être complexe. Au-dessus de 10 000 mU/l, il s’agit à peu près toujours d’un adénome à prolactine. En dessous, il peut s’agir d’une hyperprolactinémie de déconnexion soit par une section de tige pituitaire, soit par une compression de la tige pituitaire par une autre tumeur de n’importe quelle origine. L’hyperprolactinémie médicamenteuse est également très fréquente.

3. L'acromégalie :

a. Introduction :

  L’acromégalie est comme son nom l’indique, une affection caractérisée par une hypertrophie des extrémités. En réalité, l’ensemble des organes de l’individu est concerné. Les premières descriptions de la maladie ont été faites par Pierre MARIE en 1886. L’acromégalie est aussi fréquente chez l’homme que chez la femme et survient généralement à l’âge adulte. Lorsqu’elle apparaît avant la puberté, elle est à l’origine d’un gigantisme. La prévalence est d’environ 60 à 70 cas par million d’habitants, soit de 600 à 700 cas en Belgique. L’âge moyen au diagnostic se situe entre 40 et 50 ans, celui-ci étant d’habitude établi au bout de 10 ans d’évolution au moins.

b. Tableau clinique :

  L’acromégalie a de nombreuses répercussions cliniques. La plus importante d’entre elles étant l’augmentation de volume des tissus mous (signe de l’alliance, augmentation de la pointure des chaussures, prise de poids, paresthésies des mains, syndrome de canal carpien). Par la suite, les déformations cutanées, osseuses et articulaires deviennent de plus en plus visibles. Une transpiration excessive est un signe constant. Une raucité de la voix des lèvres larges, un prognathisme, une macroglossie, une peau épaisse et des céphalées complètent généralement le tableau (voir illustrations).

c. Etiologie :

  Cette affection est liée à une hypersécrétion chronique d’hormone de croissance ou GH (Growth Hormone), et du principal facteur de croissance dépendant de la GH, l’IGF-1 (insulin-like growth factor-1). Elle est le plus souvent due à un adénome hypophysaire développé aux dépens des seules cellules somatotropes ou à un adénome mixte sécrétant aussi d’autres hormones telle que la prolactine, la sous-unité ?libre des glycoprotéines et, plus rarement, la thyréostimuline. L’étiologie de l’acromégalie est connue dans 30 à 40 % des cas (protéine Gs). La même anomalie survenant à un stade embryonnaire précoce explique l’association non fortuite de l’acromégalie dans le syndrome de McCune-Albright.
  Exceptionnellement, elle peut être due à une hyperplasie des cellules somatotropes suite à stimulus extrahypophysaire (GHRH, d’origine hypothalamique ou ectopique, souvent à partir d’une tumeur « carcinoïde » pulmonaire) ou, encore plus exceptionnellement, à une sécrétion ectopique de GH (quelques cas décrits). L’acromégalie est généralement sporadique mais peut survenir aussi dans un contexte familial : acromégalie familiale isolée, exceptionnelle (quelques cas décrits dans le monde), en association avec une neurofibromatose (NF1 ou NF2) ou avec le syndrome de Carney (Carney complex, très rare) ou, plus souvent, dans le cadre d’une néoplasie endocrinienne multiple de type 1 (de 2 à 5 % des cas). Dans ce dernier cas, l’affection est due à la perte du gène suppresseur (théorie des « two-hits »).

d. Coeur et acromégalie :

  l’atteinte cardiaque spécifique (cardiomyopathie acromégalique) est très fréquente, même si elle est rarement parlante d’un point de vue clinique (il s’agit alors de stades évolués). La mise en évidence de l’atteinte cardiaque de l’acromégale justifie l’utilisation d’examens complémentaires (échographie en particulier). A l’effort, les acromégales développent une puissance presque deux fois inférieure à celle d’un groupe contrôle. L’hypertension artérielle, présente chez 20 à 40 % des patients acromégales, est d’autant plus fréquente que la maladie est ancienne et que la concentration de GH est élevée. Elle est due en partie à une hypervolémie chronique (volume plasmatique supérieur de 10 à 40 % aux valeurs normales) et en partie à un dysfonctionnement vasculaire.

e. Métabolisme et acromégalie :

  Les relations entre la GH et la glucorégulation sont complexes en raison de l’action de la première sur trois acteurs essentiels intervenant dans la régulation glycémique : le récepteur de la GH, le système IGF-BP et la composition corporelle. Chez l’acromégale, la résistance à l’insuline est accrue. Les effets de la GH sur le métabolisme sont très importants. L’action de l’hormone de croissance au niveau cellulaire est très complexe.

f. Apnées du sommeil et acromégalie :

  L’hypersomnolence diurne, caractéristique du syndrome d’apnées du sommeil, a été décrite chez l’acromégale rapidement après la découverte de cette pathologie. La prévalence de ce syndrome est élevée (comprise entre 19 et 60 %) et est due, partiellement du moins, au rétrécissement des voies aériennes supérieures, conséquence de l’épaississement des tissus mous pharyngés, des déformations mandibulaires, de la macroglossie et de l’existence fréquente d’un goitre. L’infiltration des tissus mous s’explique par une augmentation de la masse cellulaire et par une inflation des liquides extracellulaires.

g. Arthropathie acromégalique :

  L’arthropathie acromégalique est connue depuis les premières descriptions de Marie. La prévalence des symptômes articulaires périphériques est comprise entre 50 et 75 % (90 % dans une étude prospective). Elle survient dans un délai de 10 ans après le début de la maladie endocrinienne. L’arthropathie périphérique touche typiquement les grosses articulations. L’articulation temporo-maxillaire est modifiée. Elle est souvent symptomatique. La sémiologie articulaire est caractérisée par des arthralgies de rythme mécanique mais aussi, parfois, inflammatoire.

h. Cancer et acromégalie :

  Enfin, l’acromégalie semble bien s’accompagner d’une augmentation de la fréquence des cancers, en particulier du côlon. La prévalence des polypes coliques de type adénomateux est trois fois plus importante chez les patients acromégales que chez des individus témoins.

i. Acromégalie et grossesse :

  Durant la grossesse normale, le placenta commence à sécréter se propre hormone de croissance (PGH ou hormone de croissance placentaire) dès la 10ième semaine. L’hormone de croissance placentaire (découverte à Liège) provoque une augmentation d’IGF-1 qui à son tour entraîne un rétro-contrôle négatif au niveau de la sécrétion d’hormone de croissance hypophysaire qui se tarit dès lors peu à peu. Chez la patiente acromégale enceinte, les deux hormones de croissance, hypophysaire et placentaire, peuvent être sécrétées simultanément. Cela traduit la perte de rétro-contrôle négatif normalement rencontré au cours de la grossesse.

4. Les adénomes à TSH :

  L’adénome à TSH est le plus rare des adénomes hypophysaires (1 % des cas dans les séries chirurgicales). La méconnaissance générale de ce syndrome, confondu avec une hyperthyroïdie banale, conduisait fréquemment à un diagnostic tardif, au stade de macroadénome après les échecs de divers traitements inappropriés (chirurgie thyroïdienne, etc.). Sur le plan biologique, on observe les stigmates d’une hyperthyroïdie mais avec une concentration élevée de TSH au contraire de ce qui se passe dans l’hyperthyroïdie.

5. Les gonadotrophinomes :

a. Clinique :

  Il y a peu de temps encore, les gonadotrophinomes n’étaient pas diagnostiqués et tous confondus avec les adénomes non fonctionnels. Sur le plan clinique, il est en effet impossible dans la majorité des cas de les en différencier. En raison de l’absence de signes cliniques spécifiques, ces adénomes sont souvent diagnostiqués tardivement lorsqu’ils sont déjà très volumineux et entraînent soir des insuffisances glandulaires majeures soit des troubles neurologiques. Actuellement, si l’on se réfère à une classification histologique rigoureuse (techniques de biologie moléculaire), on peut considérer qu’une majorité d’adénomes dits « non-sécrétants » (plus de 80 % sont en fait des gonadotrophinomes. En effet, les gonadotrophinomes s’expriment dans un répertoire extrêmement large.

b. Biologie :

  Dans leur majorité, les adénomes dits « non-sécrétants » expriment les gènes d’une ou de plusieurs sous-unités des glycoprotéines hormonales (détection de l’ARN messager par des techniques d’hybridation in-situ). Dans de nombreux cas, il y a une synthèse hormonale (FSH, LH, sous-unités) détectable par immunohistochimie, mais sans que la sécrétion soit suffisante pour modifier les concentrations sanguines. Dans un nombre plus restreint de cas, il y a une modification des concentrations sanguines (la plupart du temps, de la FSH). Cependant, l’hormone n’a pas d’action biologique.

c. Hyperstimulation :

  Enfin, dans un nombre très restreint de cas (quelques cas publiés), l’hormone a une action biologique, entraînant un effet en aval avec hyperactivité ovarienne chez la femme et hyperplasie gonadique et élévation de la testostérone chez l’homme.

6. Les adénomes à ACTH :

a. La maladie de Cushing :

  La maladie de Cushing est due à une hypersécrétion de l’ACTH qui entraîne à son tour une hypercortisolémie. L’adénome corticotrope est plus souvent un microadénome. L’affection survient fréquemment à l’âge adulte, touche plus volontiers la femme, et peut, selon son caractère évolutif, entraîner le décès assez rapidement si elle n’est pas traitée correctement (voir : signes cliniques).

b. Etiologies du syndrome de Cushing :

  ACTH élevée :

  • Adénome hypophysaire (maladie de Cushing).
  • Sécrétion ectopique d’ACTH par une tumeur bénigne ou maligne.
  • Sécrétion ectopique de CRH.
ACTH bas :
  • Adénome surrénalien.
  • Corticosurrénalome.
  • Cushing dit « alimentaire » par une expression aberrante de récepteurs au GIP.
  • Cushing LH dépendant par une expression aberrante de récepteurs à la LH (hCG).
  • Iatrogène (corticoïdes administrés par voie orale, intra-musculaire, intra-articulaire ou transcutanée).
  • Sécrétion ectopique de cortisol.

c. Diagnostic et complications :

  Il est souvent difficile de faire le diagnostic différentiel entre les différentes formes de syndrome de Cushing (maladie de Cushing, adénome surrénalien, sécrétions ectopiques de l’ACTH ou de CRH syndrome de Cushing d’origine iatrogène, syndrome de Cushing dit « alimentaire »). Le syndrome de Cushing peut provoquer des troubles métaboliques majeurs (diabète, troubles ioniques, hypertension artérielle, ostéoporose, cardiopathie, etc.).

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IV Le traitement des adénomes hypophysaires

  Le traitement des adénomes hypophysaires fait appel à des méthodes variées (médicaments - chirurgie - radiothérapie) qui sont choisis en fonction de nombreux critères parmi lesquels on compte : le type d’adénome et ses caractéristiques de volume et d’invasion des structures voisines.

1. Traitements dirigés contre l’adénome :

a. Traitement médicamenteux :

  • Les analogues de la Somatostatine sont utilisés essentiellement dans les cas d’acromégalie ou d’adénome à TSH. Il y a en réalité au moins 5 sous-types de récepteurs à la somatostatine. Les analogues actuellement disponibles sont dirigés contre le récepteur II essentiellement et contre le récepteur V dans une moindre mesure. Ils permettent le contrôle de la sécrétion d’hormone de croissance dans plus de 50 % des cas et de l’hypersécrétion de TSH dans 80 à 90 % des cas. Ils peuvent être utilisés en guise de traitement préparatoire à la chirurgie. Dans ce cas, ils peuvent permettre une réduction de volume de la lésion (dans plus de 50 % des cas) et ils permettent aussi de réduire toutes les conséquences de l’acromégalie avant de faire subir au patient l’anesthésie et l’intervention. Ils peuvent être utilisés aussi chez les patients où la chirurgie est contre-indiquée ou en complément lorsque la chirurgie n’a pas été curatrice.
  • Les Agonistes dopaminergiques : sont surtout utilisés dans le traitement des adénomes à prolactine où ils permettent une réduction de volume de la lésion et un contrôle de l’hypersécrétion de prolactine dans plus de 90 % des cas de microadénomes et plus de 70 % des cas de macroadénomes. Ce traitement est très fréquemment utilisé dans le cas des adénomes à prolactine et occasionnellement dans d’autres types d’adénomes.

b. Traitement chirurgical :

  Le traitement chirurgical des adénomes hypophysaires reste le traitement de première intention dans un nombre important de cas. Un certain nombre de lésions ne peut en effet pas être traité de façon médicale (la plupart des adénomes non-sécrétants, les adénomes à ACTH,etc.). Dans des cas exceptionnels d’adénomes géants, le traitement consiste en une chirurgie transfrontale. Dans la plupart des cas, la chirurgie transsphénoïdale permet l’exérèse des lésions avec succès. Le taux de succès varie en fonction de la taille et du caractère invasif de l’adénome et de l’expérience du neurochirurgien.

c. Radiothérapie :

  Le traitement par radiothérapie conventionnelle ou de plus en plus fréquemment stéréotactique est utilisé dans un certain nombre de cas et plus particulièrement dans les cas où la résection chirurgicale n’a pu être complète et où les traitements médicamenteux ne sont pas efficaces.

2. Traitements substitutifs :

  Les fonctions hypophysaires peuvent être compromises soit par le volume de l’adénome soit par la chirurgie (rarement), soit par la radiothérapie (souvent). Les traitements substitutifs sont envisagés pour compenser les fonctions thyroïdiennes (Thyroxine), surrénalienne (Hydrocortisone), gonadique (hormones mâles et femelles) et somatotrope (hormone de croissance). Quelques fois, il est nécessaire d’ajouter de l’hormone anti-diurétique (lorsque la post-hypophyse a été atteinte).

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V. La déficience en hormone de croissance

  Autrefois, il était admis que l’hormone de croissance servait principalement voire exclusivement à grandir. Depuis une quinzaine d’années, il apparaît que le rôle de cette hormone est beaucoup plus large et que même à l’âge adulte, où l’organisme ne grandit plus, les effets de la GH sur le métabolisme sont très importants. Il en résulte qu’une déficience en hormone de croissance (GHD) conduit à un tableau clinique identifiable avec notamment une modification de la composition corporelle.
  Depuis 1990, il est possible de traiter la déficience en GH de façon efficace. La cause principale des déficiences en GH chez l’adulte est la présence d’une tumeur dans la région hypophysaire (la plupart du temps un adénome). Cette tumeur, par son volume, peut déterminer une compression des lignées hypophysaires normales dont celles qui permettent la sécrétion de GH.

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VI. Bibliographie

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VII. Pour en savoir plus...

Cette mise au point reprend un échantillon réduit du contenu de deux CD-Roms, consacrés à l'étude des maladies hypophysaires. Seules les animations les plus simples ont pu être placées sur ce site internet.

   

Ces CD-Roms sont disponibles à l'adresse suivante :
Professeur A. BECKERS
Service d'Endocrinologie
CHU de Liège
Domaine Universitaire du Sart-Tilman
4000 LIEGE
BELGIQUE
Tél : 0032/4/366.70.84 ou 83
Fax : 0032/4/366.72.61
E-mail : Albert.Beckers@chu.ulg.ac.be

 


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